A lire sur le site Belge du Soir, un article intéressant sur VT4 et Thierry Tacheny son directeur des programmes. VT4 c'est la petite chaine qui monte de la partie
Flamande de la Belgique. Une réflexion intéressante sur les préférences du public pour les contenus produits localement. Reflexion aussi sur un pragmatisme qui fait défaut dans l'autre pays
multilingue...
"les Flamands aiment se voir à la télé, aiment regarder ce qu’ils produisent. C’est un réflexe culturel. Le village d’Astérix, c’est la Flandre. À l’inverse de ce qui se passe en Wallonie, les
Flamands ont appris à aimer leurs productions propres. Ici, une mauvaise production locale est plus regardée qu’une bonne série US. Quand Les Experts font 30 % d’audience sur RTL-TVI, ils en font
14 en Flandre. Il faut produire localement. Mais évidemment, cela coûte cher."
C'est un monument télévisuel qui fête ses 20 ans de présence dans la cuisine des Français à la mi-journée: Le 13h de Jean-Pierre Pernault sur TF1. Son succès ce journal le doit à quelques
recettes extrêments basiques: donner la parole au gens du terroirs, bannir les politiciens et les insupportables experts et, faire un programme PO-SI-TIF !
L'élaboration de ce journal date de la fin des années 80 lorsque la une fraîchement privatisée décide de mettre fin au célèbre duo Mourousi/ Augry.
A titre personnel, j'ai toujours considéré ce journal comme un moyen de me rapeller que, oui, finalement, la France est un beau pays.
" Dépenser ce que l'on a et pas ce que l'on va avoir" c'est la première règle à respecter pour qui, en 2009, lance une chaîne de télévision privée en particulier en Suisse, qui est rappelons-le
un des marchés les plus fermés à la télévision commerciale du monde. J'exclus Cuba et la Corée du nord ou certainement là aussi, l'autorité de régulation doit déterminer la programmation des
chaînes.
3+ applique cette stratégie depuis sa création en 2007 et lance régulièrement des émissions cheap mais percutantes. Dernier en date mais pas vraiement nouveau mais toujours efficaces classements
qui ont faits les samedis soir de TF1. Au programme de l'émission de 3+:
- Les 10 Allemands les plus exaspérants (On pourrait faire pareil avec les Français)
- Les 10 chansons Suisse les plus connues dans le monde (Chiuahoua !!!)
- Les 10 Suisses les plus exaspérants (là, on aurait pu faire un top 100)
- Les 10 plus gros scandales Suisses (là on peu parler de la politique audiovisuelle Suisse)
- Les 10 femmes Suisses les plus sensuelles
Le concept est simple: mettre bout à bout des images d'archives et faire réagir des cheap-celebrities. C'est pas cher et ça rapporte certainement gros. De la télé quoi.
J'ai toujours été impressioné par la faculté du consommateur Romand à se faire "tondre" par les cablos-opérateurs. L'arrivé de la HD à d'ailleurs représenté une formidable opportunité pour
grossir la facture des ménages. Voici donc les contenus HD disponibles aujourd'hui en Suisse Romande, leurs prix, et les bons plans pour alléger la facture TV:
Naxoo (Genève):
raccordement: 20 frs
accès au numérique: 8 frs
accès à la HD: 20 frs
Soit 48 frs par mois pour avoir le bonheur de survoler la Suisse en hélicoptère toute la journée et regarder des séries en Allemand sur HD Suisse, des images de Monaco sur luxe.tv et
heureusement, National Géographic channel
Soit 55 frs Max par mois avec Eurosport HD et national geographic HD. HD Suisse n'est pas mentionné mais doit faire partie de l'offre
Swisscom (Bluewin TV)
raccordement: 25 frs
adsl: 9 frs
bluewin TV plus 31,25 frs
Soit 65.25 frs par mois avec HD Suisse et ARTE HD
Conclusion: Dans notre grande série"On va faire payer les gens pour des chaînes nulles" nos cable-opérateurs sont champions. Voici donc une alternative pour ceux qui ont la possibilité
d'installer une parabole, qui ont une visibilité sur le sud depuis leur logement:
Rendez-vous dans un hyper-marché Français à la frontière Genevoise:
Suite à un emploi du temps un peu chargé, le blog est resté en plan ces derniers jours. Rendez-vous la semaine du 4 mai pour un post consacré à la
reception de la HD en Suisse romande, dans la catégorie "De qui se moque-on ?".
Un des constats fait au MIP 2009 est l'omniprésence de l'advertisment qui est en train de s'imposer partout dans le monde. L ' advertisement ou "branded
content" est en fait une nouvelle forme de publicité: les marques se rendent compte que les spots publicitaires sont de moins en moins bien tolérés par le téléspectateurs et les possibilités
d'esquives se multiplient (enregistrement numérique, téléchargements).
La réponse consiste donc pour ces marques à construire elles-mêmes des programmes dont elles sont parties prenantes dans l'élaboration éditoriale, une sorte d'ultime évolution du placement de
produit qui ne manque pas de soulever des questions. Voici une réflexion fréquente entendue sur le sujet:
"Je suis journaliste et je veux sauver le monde. N'est-ce pas un danger pour l'indépendance éditoriale qu'une marque dicte le contenu d'une émission ?"
Cela semble difficile de confier une émission sur la consommation à Migros ou une émission sur la santé à Merck... mais on ne parle pas là d'information mais de fiction et de divetissement: prenons
l'exemple de"Talks to animals"de
Channel 9 en Australie:Iil s'agit ni plus ni moins que 30 millions d'amis avec une prédominance pour les sujets qui traitent des animaux de compagnie, ceux-ci étant l'interêt de la marque
co-conceptrice de l'émission qui est Purina. EST-CE DONC VRAIEMENT UNE ATTEINTE A LA DEMOCRATIE DE PARLER DE CHIOUHAOUHAS PLUTOT QUE D'ECUREUILS ?
C'est une évolution du modèle économique de la télévision: Historiquement, le diffuseur paye le producteur pour diffuser ses produits. Ici c' est le producteur-annonceur qui paye le diffuseur.
Peut-être une piste à explorer à l'heure ou l'on doit produire plus avec les mêmes ressources.
Planète diffusait la semaine passée l'exellent documentaire en 4 parties "La télé par AB" qui relate l'histoire de ce qui fut un colosse de la production
audiovisuelle Française... aux pieds d'argiles !
Quelques phrases entendues dans ce document laissent tantôt pantois, tantôt réveur...
Yves Azeroual (directeur communication AB) "C'est le public qui a demandé les chaînes AB aux opérateurs du cable et du satellite" Euh... oui, c'est
surtout les opérateurs qui étaient bien contents d'étoffer leurs offres avec 20 chaînes ultra-lowcost
Etienne Mougeotte (ex-TF1) à propos de la fin du Club Dorothée: "Il ne faut pas hésiter à arrêter une émission qui marche bien mais qui arrive en fin de vie" C'est ce que vous avez fait avec la StarAc ?
Richard Maroko (directeur des programmes chaînes AB) à propos du business model d'AB: " On fait de la télévision pour divertir les gens, on a une vision claire, il faut que ça marche"
Vous voulez pas venir faire de la télé en Suisse ?
Et voici donc le couronnement, que j'espère provisoire, de ma courte carrière télévisuelle: 4 jours avec des gens de télé, pour des
gens de télé, par des gens de télé ou l'on parle de télé sans se préoccuper de toutes les considérations cephalo-journalistico-urtiquantes habituelles. Ici, deux principes sont rois: vendre et
acheter.Cliquez ici pour voir la chronique du MIP TV 2009 par ExperienceSimon.com
En ces temps ou à part ma mère et ma grand-mère tout le monde ne s'informe plus que par internet, les medias traditionels sortent un nouveau gadget de leurs chapeaux: les médiateurs de l'info: Il
s'agit pour ménager sa crédibilité de donner un espace d'expression à tous les mécontents de la planète: France 2 y consacre un quart d'heure tous les dimanches, TF1 vient de lancer un espace sur son site internet et la TSR dispose elle des indispensables SRT, qui
fédèrent les adeptes du "je-regarde-la-télé-toute-la-journée-donc-j'ai-un-avis-pertinent".
L' occasion de rappeller que le concept "qualitatif" reste bien subjectif en télévision: A part la catégorie que je viens de citer, les téléspectateurs dénigrent rarement leurs choix de programmes
(ça fait 10 ans que je regarde cette émission mais elle est vraiement nulle...).