France 3 diffusait hier soir (16 mars) un documentaire consacré à Jacques Antoine, grand concepteur de jeux télévisés
Français, concepteur - car à l'époque on ne produisait pas, on proposait...
Cet homme de télé à fut à l'origine d'un des rares programmes de télévision française qui s'est exporté: Fort Boyard.
Plus étonnant, la TSR à faisait appel à lui pour "attirer" le public aux heures du téléjournal dixit le directeur de l'époque.
Jacques Antoine à vendu sa société de production qui s'apelle aujourd'hui ALP productions et fabrique Koh-Lanta, Popstar et...
l'inoxydable Fort Boyard.
Quelle crédibilité pour les futures chaînes locales touchées par la grâce de l'OFCOM l'automne dernier ? A en lire une interview de "l'homme qui s'assied à l'envers sur les chaises de bureau"
recemment dans le temps, nous auront bientôt droit sur Vaud-Fathi TV à deux heures d'interview chaque soir d'un conseiller municipal de Gland, La conversion ou Charmey...
Il faudra certainement être un peu plus fédérateur pour s'arroger une partie du gateau publicitaire que se partagent la SSR et M6 Suisse. Les télé locales Romandes ont prouvé leur capacité à
innover avec les festivals de l'été, Miss Suisse Romande et d'autres programmes novateurs. L'exemple en France de Direct 8 nous montre que bien plus que les moyens, c'est la capacité d'une chaîne à
construire une grille de programme qui permet de fidéliser le téléspectateur.
Voici donc qu'un groupe de politiciens Romanches s'est mis en tête de révolutioner la culture à la télévision Suisse: J'ai toujours pensé que si les politiciens s'y connaissaient aussi bien
dans la gestion d'un pays qu'en télévision, le bon peuple que nous sommes était vraiement mal barré...
Il s'agirait donc de créer une ARTE "à la Suisse" qui reprendrait les meilleurs programmes culturels de
toutes les chaînes nationales en les doublant ou les sous-titrant. Autrement dit, prendre des programmes qui sont regardés les bons jours par 3% des téléspectateurs et les diffuser en
VOST pour être sûr que cela n'intéresse vraiement personne ! Sans compter que la création d'une chaîne et de toute l'infrastructure qui va avec, le reseau satellite et le doublage des
programmes dans 3 autres langues reviendrait au final bien plus cher que les 8 millions de francs annoncés, surtout au pays de la compliquite aigue.
Quitte à parler d'une ARTE "à la Suisse" pourquoi ne pas se pencher sur l'ARTE "à la Belge" qu'a crée la RTBF en 2006: il
s'agirait simplement de reprendre le signal Français ou Allemand et d'y insérer 1 ou 2 soirs par semaine des émissions culturelles produites en Suisse avec les moyens de la SSR. Avantage: pas
de grille à créer, un infrastructure de diffusion légère et une gestion des droits (la plaie de la télévision moderne) simplifiée. Sans compter la possibilité de bénéficier d'une marque
établie, d'une chaîne initialisée* et de la locomotive que sont les programmes d'ARTE.
Tous ceux qui réclament plus de culture à la télé mais qui ne la regardent jamais (la culture ou la télé) se seront donc précipités pour louer l'idée du siècle...qui aura
certainement droit à un placard à sa mesure.
*chaîne qui est recevable par les foyers, taux d'initialisation=foyer qui recoivent cette chaîne sur le total des foyers qui ont la
télévision.
Episode décisif dans la bataille qui oppose la TSR à M6 concernant son décrochage publicitaire, le tribunal de Fribourg vient de donner raison à la TSR. C'est en fait une étape importante
dans l'histoire de l'audiovisuel Suisse:
La politique audiovisuelle du pays a historiquement fermé la possibilité à tout acteur privé d'emerger tant en Suisse Romande qu'en Suisse Alémanique, il n'y donc jamais eu de réelle
concurrence télévisuelle comme le connait France 2 avec TF1, la RTBF avec RTL-TVI ou encore RFO avec Antenne Réunion. La concurrence était donc virtuelle car les annonceurs ne pouvaient
aller voir ailleurs que sur le service public. Et le télespectateur Romand ne peut pas aller sur TF1 ou M6 pour voir des reportages sur la neige en Valais ou la chute de Christoph
Blocher.
Il y a quelques années, la numérisation a permis de baisser drastiquement les frais d' acheminement des signaux de télévision qui ont représenté longtemps le
plus gros des frais techniques fixes d'une chaîne de TV. Certains opérateurs comme RTL (propriétaire d'M6) ont donc pu valoriser leurs parts de marché existante en diffusant un signal
spécifique sur la Suisse et l'Autriche .
Ces opérateurs ont donc pu engranger des millions de francs sans investir un centime dans l'industrie audiovisuelle du pays et ce fut la première conséquence tangible de la politique
calamiteuse en matière d'audiovisuel que mène la Suisse depuis les années 80. Tous les pays d'Europe quels que soient leurs taille on permis l'emergence d'opérateurs privés puissants aux
cotés de services publics tous aussi puissants.
M6 va certainement faire durer la procédure: la publicité Suisse leur rapporte entre 25 et 30 Mio de francs par an pour un cout 100000-150000 Frs de frais de diffusion.
De quoi motiver, surtout en l'état actuel du marché publicitaire Français.
Les seuls complices du crime sont les détenteurs de droits: 1 épisode de NCIS doit couter 200000 frs à M6 (frais de doublage inclus) alors que ce même épisode reviens quelques milliers de
francs à la TSR. Résultat: les détenteurs de droits n'ont jamais trouvé problématique que la 6 gagne de l'argent avec leurs produits sur la Suisse Romande. Le jugement de Fribourg
établi que Métropole télévision ne peut pas commercialiser les programmes dont les droits ont été vendus à la TSR. Mais que se passera-t-il si les studios Américains décident de ne plus
accorder l'exclusivité à la TSR ? Et si M6 diffuse un autre programme sur son signal Suisse pendant les matchs de l'euro et de la coupe du monde ?
Au delà d'une simple bataille juridique le problème posé est celui du protectionnisme télévisuel qui a vécu. Malmené aujourd'hui par M6, enterré demain par youtube.
Voici donc l'esthetisme télévisuel poussé à son extrême. Après Paparanews que présente notre Emilie Boiron nationale depuis quelques semaines, vous découvrirez dans quelques jour la guerre des
bombes sur NT1... Le concept se résume avec le titre d'un James Bond: rien que pour vos yeux !
C'est trash et vulgaire. Télérama et Isabelle Alonso vont détester mais je ne dirai qu'une seule chose: QUE J'AIME NT1 !!!
Après France 24, Al-jazeera news et la chinoise CCTV c'est au tour du Japon de lancer sa chaîne d'information en Anglais. NHK
world traite de l'actualité en se focalisant sur le continent Asiatique. C'est comme pour France 24, une façon de faire de la diplomatie et de faire "rayonner" la culture d'un pays. Les Chinois
l'on très bien compris en lançant pour les J.O. de Pékin une version française de leur TV nationale, toujours très amusante à regarder...
En ces temps ou l'ont parle de fusionner radio et télévision en Suisse Romande, allons donc voir ce qui se passe chez nos voisins pour voir si faire de la radio et de la télé est pareil
aumême:
Le groupe Nextradio opère deux radios (RMC et BFM) et une télévision (BFMTV) qui sont chacunes réunies sous un même toit à Paris et jouent à fond la synergie. Le processus de production
est basé sur Dalet dont l'origine est radiophonique mais qui a developpé un système de production news TV depuis
quelques années. Quelques émission (Bourdin & Co, le debat Ségolène Bayrou en 2006) sont produites en commun BFM radio, BFM TV et
RMC. A noter qu' il s'agit de medias qui ont moins de 10 ans d'existence (les studios Parisiens de RMC en particulier)...
TF1 qui souhaite se lancer dans la radio lors de la numérisation des fréquences vient de créer LCI radio. Après une semaine
d'existence, force est de constater que cela sonne un peu radio associative... A vous de juger mais on a quand même l'impression d'entendre
une télévision.
La crise financière continue à inspirer la télévision. BBC World lançait vendredi passé "The Oracle" présenté
par Max Keiser qui s'est autoproclamé Michael Moore de la finance...
Pendant 30 minutes, Keiser et ses invités commentent une prédiction qui a été livré par la "boule de cristal" au milieu du studio. Bien qu'étant pointu, la finance intéresse beaucoup de
téléespectateurs qui tantôt pense que c'est la clef de l'argent facile, tantôt la cause de tous les malheurs du monde.
Une fois n'est pas coutume, delaissons un peu le monde de la télévision pour celui de la communication visuelle. La RATP a installé début décembre à titre d'expérimentation un nouveau type de
panneau publicitaire basé sur la vidéo dans le métro Parisien: il s'agit en fait d'écrans plasmas placés dans des caissons anti-vandalisme: ceux-ci sont mis à jour grâce à la technologie CPL ce qui évite de devoir deployer un reseau informatique. La vraie innovation consiste en une
caméra qui permet de mesurer l'impact de la pub en comptabilisant le nombre de personnes qui passent devant l'écran. La pub télé a du souci à se faire...